" />
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
A la plume des mots

A la plume des mots

Des Mots, des Pensées … qui voilent chaque instant de sens.

l'Olivier des origines.

l'Olivier des origines.

Je me lève et marche avec le temps qui guide mes rêves éparpillés par le vent tel le pollen des roses ouvertes et porte mes pas sur ce qu’il me dessine, je m’approche de l’olivier de mes origines toujours si imposant, le regard tourné vers la mer, tant d’années qui font croire qu’elles apportent vieillesse, il n’en est rien, il est toujours là, sa valeur se compte au nombre de feuilles qu’il porte année après année, enfant, il me montrait avec amusement ma feuille que je ne voyais jamais tant elle était haute et petite, j’avais ses faveurs, de son regard souriant, il me guidait jusqu’au petit présent du jour.

Mais après de si longues années, le profond abattement de l’absence s’impose, assis face à lui depuis des heures, le silence est le seul langage, il n’a point besoin de mes mots, il est la mémoire de mon enfance.

Je pose doucement mes mains sur son tronc comme on les pose sur le front fiévreux d’un père souffrant et demande dans un murmure de ses nouvelles.

Sa réponse allait confirmer ce que je repoussais par mon silence, il y a des signes qui ne trompent pas même dissimulé derrière des sourires bienveillants, on s’y attend, mais quand elle arrive nous nous rendons compte que nous ne sommes jamais prêts à l’entendre.

- Mon écorce cache ce que porte mon cœur, la jeunesse avait mené mes branches si haut et si loin de mes racines, elles se brisent aujourd’hui dans l’indifférence, mon tronc se vide et la terre ne me porte plus, peut-être qu’à ta prochaine visite, je serais allongé aux côtés de ce qui m’ont précédé, nos pères et nos ancêtres, nous sommes telles les mers et leurs vagues, nous passons sans revenir, il ne restera que nos histoires, nos ossements et nos demeures vides.

 

-Comment devrait être ma vie ?

- Porte ce que tu as de plus précieux dans ton cœur et aime le dans le silence, ton cœur est la porte qui mène vers ton âme, elle ne s’ouvrira qu’à ceux que tu aimeras, fait taire ta langue, les mots sont une brume qui se dissipe face au soleil laissant découvrir la vérité.

Après ces mots, je le regarde une dernière fois, c’est peut-être un adieu, je n’ai pas envie de partir, mais j’ai cette impression d’avoir le corps sur une terre et l’âme sur une autre, mon âme me manque et mon corps est loin, qu’il est étonnant de voir la proximité des deux et de ne pouvoir les réunir. Si une partie de ce monde est fertile l’autre est aride, c’est la maison de l’espoir où il n’y a d’amertumes sans délices, les yeux larmoyants sècheront un jour.

L’évidence est si dure à l’admettre, je sais que tout ce qui vit mourra, qui mourra passera et tout ce qui va venir viendra pères et mères, biens et richesses, vivants et morts, mais souvent je préfère fuir le temps qui passe et reviendra avec la tunique de nouveaux passants.

Avant de reprendre ma marche, je prends un peu de cette terre que je mets dans ma poche peut-être pour ne pas oublier, il y a des gestes que notre cœur nous dicte, nous les faisant machinalement sans vraiment les comprendre et qui prennent tout leur sens que des années après, je m’éloigne en me pliant à cette désarmante réalité, la réalité des siècles passés, des grands et des puissants de ce monde.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article